MARATHON Sébastien Wojdanj Galapiat Cirque

Avant même de s’asseoir sur les gradins, au théâtre Monfort, l’équipe nous offre un petit remontant…vodka à 17h, nous voilà prévenus! Et rassemblés. C’est un art de savoir faire attendre les spectateurs, serrés les uns contre les autres mais pas trop, pour les solidariser.

Quand on entre sous le chapiteau, Sébastien est déjà au clavier, les instruments           d’un groupe sont posés par terre tout autour de la piste. Aussitôt une mélodie jouée    avec une guitare électrique, Sébastien court vers le saxo, puis vers une trompette…          et dès le début, l’homme orchestre installe un sentiment d’urgence.

Puis il s’assied, à côté d’un petit garçon, qui ne le regarde pas. Pas volontairement, non, simplement il regarde ailleurs. Et c’est tout de suite drôle.

Sébastien, lui, regarde tout le monde, tout autour de lui.
Pas comme Yohann le Guilherm dont le regard de dompteur vous scotchait sur votre banc, presque effrayé. Le regard de Sébastien Wodjan est assez indéchiffrable. Déterminé, pressé, sérieux et amusé à la fois. Le regard de l’enfant prêt à faire une bêtise, une très grosse bêtise.

Et des bêtises, Sébastien va en faire! Il va faire toutes celles dont on rêve quand on est enfant. Et même celles qu’on n’a pas imaginées parce qu’on manquait d’imagination. Celles qui poussent vos parents à hurler et à vous donner une claque parce qu’ils ont vraiment eu peur!

Marathon est le spectacle de tous les défis, les plus absurdes, entrepris et réussis avec le plus grand sérieux, à un rythme fiévreux. Comme si Sébastien avait terriblement peur de s’ennuyer.

Ce qui est vraiment comique, c’est que le public, qui n’a rien demandé  à personne, se trouve embarqué dans les défis de ce type: il s’assoit sur vos genoux avec une grosse hache en équilibre sur la tête, ou s’approche des gradins avec un gros pot de peinture rouge oscillant tout en haut de deux manches à balais à 5 mètres au-dessus de votre tête, ou demande à une petit fille de 5-6 ans de ranger les gros couteaux dans l’ordre (tâche dont elle s’acquitte parfaitement)… Oui, on rit beaucoup et on se demande comment fait Sébastien pour être si  pince sans rire sans dire un mot.

Il y avait beaucoup d’enfants lors de cette représentation dominicale. Notamment un petit trio de rigolos de 6 ans en bord de piste, tantôt éclatant de rire, tantôt médusés, ils avaient littéralement la bouche ouverte.

À sa manière d’homme pressé, mine de rien, Sébastien nous révèle ses talents innombrables et assez incroyables de lanceur de couteaux, de transformiste comique, de funambule (au dessus d’un petit muret de lames de couteaux), d’acrobate, de danseur, de musicien, de jongleur…

Vers la fin du spectacle, ses comparses déroulent un grillage, comme si on allait assister à l’entrée des fauves mais c’est Sébastien qui est enfermé. Il se met à bouger comme un animal en cage, à jongler, avec d’innombrables massues et à danser… forcené d’être enfermé.  Il y une tension, une force et une beauté incroyables dans ce moment.               Et jusqu’à la toute fin du spectacle.

Mine de rien, Sébastien invente sa propre gestuelle, sa façon de jongler, sa musique et toutes ces images fortes qui restent.

Bref, c’est un immense moment de cirque, merci Sébastien! Du cirque pur! Plein d’adrénaline et de sueur (sans odeur de sueur). A ne rater sous aucun prétexte!

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