Optraken – Galaktic Ensemble

Un spectacle léger sur la pesanteur, un spectacle drôle sur les calamités.

Parfumé par l’odeur de poudre qui, après une explosion pétaradante, envahit le théâtre jusqu’à la fin du spectacle. Une odeur parfaite qui évoque  à la fois le désastre et la fête, la guerre et les feux d’artifice.

Un spectacle avec beaucoup de poudres aux yeux: paillettes dorées ou poussière de farine…

Rythmé par le son d’explosions minimes, de crépitements, de tirs dans les jambes qui font danser, on sent bien qu’on est tous visés.

Au fil du spectacle les projectiles s’étoffent: pétards, mini paint balls, balles de tennis, sacs de ciment… jusqu’au plafond, drôle de progression dramatique! Oui, le ciel leur tombe souvent sur la tête, et plus c’est grave, plus les enfants rient. Il faut dire que le type aplati comme une crêpe se relève toujours.

Alors ils s’organisent, ensemble, pour résister à la fatalité, ce n’est pas toujours d’une logique parfaite (monter sur la table pour tendre la chaise à celui qui est suspendu au plafond n’est pas le plus simple… finalement ça marche, sans trop d’encombres). Mais comment répondre avec logique à l’absurde?

Ils bougent, ils évitent, avec brio souvent, ils inventent des abris, se cachent derrière des boucliers…

Au fond mon seul regret, est que le spectacle soit parfaitement cohérent: la pesanteur est au coeur d’Optraken qui, de ce fait,  ne crée pas ces moments de grâce, ces moments      où justement il n’y a plus de pesanteur, plus d’effort, où le corps est détaché                          des contingences matérielles, où l’absolu surgit, créant une émotion à nulle autre pareille. Ces moments qui sont pour moi l’essence du cirque.

Mais impossible de reprocher cette absence au Galaktik Ensemble puisque les mouvements sont toujours des réponses à des évènements extérieurs hostiles.

On en sort avec beaucoup d’images très fortes en noir et blanc, joyeux, convaincus qu’on peut bouger et rire sous l’épée de Damoclès.

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